La Tête dans Luc



Dimanche. Réveil difficile. D’ailleurs je crois que je ne suis pas encore vraiment réveillé. Tiens, je suis encore habillé, et je pue la clope et l’alcool. J’ai dû picoler hier soir. Ce que me certifie mon foutu mal de crâne. Je me mets sur le bord du lit, la tête dans les mains. Putain… mais qu’est-ce que j’ai fait hier ? Ah ! Ça y est, j’avais tapé l’incruste dans une soirée, par interposition d’amis.

Je fouille mes poches. Rien, pas d’indice sur ce qui a pu se passer. Allez, vêtements au sale, et je file à la douche. Puis je prends un café. Et je commence petit à petit, malgré cette fichue gueule de bois, à me rappeler ce que j’ai fait hier.

Comme je l’ai déjà dit, hier, j’étais à une soirée. Mais ce que je n’ai pas dit, c’est que je m’y faisais royalement chier. Alors j’avais bu. Beaucoup. Et fumé. Pas que des cigarettes, je crois. Et j’avais erré dans tout l’appartement, histoire de trouver une quelconque occupation. Après avoir dérangé un couple qui baisait et deux trois couillons qui se cockaient, j’ai eu l’agréable surprise de trouver une pièce vide de gens avec, ô joie, une guitare, déesse salvatrice sur son piédestal. Un coup d’oeil à droite, un autre à gauche. Ni une, ni deux, je me rue sur elle pour réviser tranquillement mes « plonk-plonk » dans mon coin.

Et, alors que je ne pouvais plus quitter les lignes dessinées par les cordes sous peine de voir la maison tourner, un gars, que j’appellerais gentiment un connard, est arrivé m’importuner avec son vrai savoir musical qu’il s’est senti le devoir de me montrer pour bien me prouver que je ne suis qu’une merde, bien que j’étais déjà au courant :
Hey, tu t’entraînes sur la pentatronique en ré-bécarre mineur ? (ou un truc dans le genre, j’en sais trop rien)
Greuh, lui ai-je à peu près répondu…
Tu pourrais la tenter en sol dièse pour un flow plus funk-jazzy…
Re-greuh…
Attends, je te montre.
Sans me demander mon avis, il me vole la guitare des mains, ce qui manque de me faire tomber à la renverse (ou peut-être je suis tombé, je ne m’en rappelle plus), et se met à jouer. Voilà qu’il joue, à remplacer la magie hendrixienne de mes plink-plonk par des zwing, des dinguiling, et plein d’autres accords harmonieux et de mélodies endiablées.

Eh ! que je me souvienne bien… je n’avais rien demandé à personne, j’étais bien à jouer ma merde pour éviter de me faire chier dans cette soirée pourrie que je ne pouvais plus quitter (la faute étant que j’étais Sam, et que Sam avait trop bu pour conduire). Quel connard ! J’avais bien envie de lui sortir un « attends, attends, faut trop que je te montre un morceau », de lui reprendre la guitare que j’avais prise auparavant de plein droit, et de la lui éclater sur la gueule. Mais je ne sais plus ce que j’ai fait. Peut-être ai-je sombré sur place ou pleuré (ce qui veut aussi dire « sombrer sur place », mais de manière encore moins classe). J’en sais rien, saloperie d’alcool…

Brr ! Brr ! Voilà que mon mobile vibre… Une fois que je le retrouve, c’est-à-dire après avoir retourné mon studio sens dessus dessous, je peux lire le message « é ga tu mdwa 1 guitR », ce que je traduirai par « Eh ! Gars, tu me dois une guitare », et aussi par « Haha ! Ça y est, je me rappelle… Je me suis bien amusé finalement ».

  • Share/Bookmark

6 commentaires pour “La Tête dans Luc”

  1. Waw tu t’es laché sur ce post! ;)
    Finalement si j’ai bien compris même si tu te souviens pas de tout, tu as cassé la gueule du mec avec la gratte? :p

  2. C’est ça. Je me suis lâché? Euh… je voulais juste faire léger par rapport à mes derniers posts qui étaient un peu trop tristounes.

  3. Ha ha ha… une guitare qui fait plonk plonk ou zwing zwing ? =p
    J’aime bien le coup du Sam ^^

    N’ouss s’en va en fredonnant “Désolé pour hier soir d’avoir fini la tête à l’envers…”

  4. Sacré Oncle Sam… :P

  5. Donc, avec le style humoristique en plus, voici une bien sympathique corde de plus à ton… non, pardon, à ta guitare !!!

  6. Ça fait plaisir: ce blog pourrait devenir un peu moins dépressif.

Laissez un commentaire