Chapitre un
Café. Clope. Il tournait en rond tandis que sa tête s’emplissait de vide. Soudain l’illumination le fit se ruer prendre une feuille et un stylo. Ça y était. L’inspiration avait fait son œuvre. L’idée était là, merveilleuse. Il n’y avait plus qu’à y mettre la forme.
Mais voilà que la page blanche, cette catin, l’interrogeait, infusant le doute : « Es-tu sûr d’avoir l’idée ? Sauras-tu avoir les mots ? Oseras-tu me dépuceler sans faire tache ? »
Alors s’écoulaient les minutes sans qu’il ne sût y griffer une seule lettre, engagé qu’il était dans son duel contre elle.
Il faudra pourtant vaincre, pensait-il. Le jeu en vaut la chandelle. L’histoire est magnifique. On en pleurera, on en rira, on s’en souviendra, on en parlera et on en reparlera, on la lira et la relira… Même, le seul voyage de l’écriture sera grandiose.
Alors il libéra sa plume de son capuchon protecteur et l’approcha lentement de l’effrontée immaculée. Et il inscrivit : « Chapitre un », signant ainsi son engagement à écrire, son droit à raturer et à reformuler encore et encore, la prochaine dégradation de sa santé à fumer toutes ces cigarettes et boire tous ces cafés pour écarter la fatigue de ses nuits blanches devant l’inspiration.
« Chapitre un ». Une agression de la page blanche qui le hantera tant qu’il n’aura pas gagné la bataille du mot « fin ».
Café. Clope. L’aventure venait de commencer.

La clope dans les dessins ça fait rock’n'roll t’as dis, alors la clope dans le texte ça fait quoi ? Sombre écrivain ?
EN tout cas très beau texte, vraiment, touchant, et réaliste…
N’ouss s’en va, demandant, à quand le chapitre 2 ? xD
Ouais, c’est ça, ça fait sombre écrivain ^^ Disons que ça rajoute de l’intensité, ici…
Content que ça plaise, en tout cas.
onglet : “j’aime”.
“Alors il libéra sa plume de son capuchon protecteur et l’approcha lentement de l’effrontée immaculée”.
c’est fait exprès, le double sens ?
@ME: oui, oui, c’est fait exprès O:-)